le thé de la sœur Borel

un remède universel

souvenirs de Marcelle Cantin

Pour mon premier emploi, j’ai été embauchée chez Raymond Robin, qui fabriquait un grand nombre de poudres médicinales que vendait son frère, Paul Robin, le pharmacien. L’atelier était installé dans la petite rue juste derrière chez Marion – là où se trouve justement une salle du restaurant reconstruite après l’agrandissement. M. Robin recevait une grande quantité de plantes qu’il stockait dans le cellier des moines, près de l’Abbaye.

Dans une pièce spéciale on préparait le fameux thé de la soeur Borel, aux multiples vertus … Deux personnes y travaillaient à temps complet. Une autre pièce était réservée à un laboratoire où se fabriquaient des suppositoires pour les animaux.

Moi, je m’occupais, avec plusieurs autres employés, des  poudres Rimoux destinées aux animaux, et dont les qualités curatives étaient paraît-il merveilleuses… Dans la pièce au-dessus de nous, M. Lebeau mettait les plantes dans un broyeur, puis la poudre descendait alors jusqu’à nous par des tuyaux dont nous gérions la circulation intérieure par des pédales. Nous n’avions plus alors qu’à remplir des boîtes que nous avions auparavant ouvertes, collées, séchées et garnies de sacs, et qu’ensuite nous pesions soigneusement. Que de boîtes nous avons préparées ! Je ne garde pas un bon souvenir des petites boîtes de piment, dont la poudre, malgré une protection par des foulards, pénétrait partout et nous faisait tousser.

 

le personnel de l’entreprise Robin (Marcelle Cantin est assise à gauche)

 

Tout était ensuite emballé, mis en cartons, étiqueté, puis expédié dans un grand rayon géographique par camions. La partie administrative de l’entreprise était assurée par M. et Mme Robin, Mme Planchon et M. James.

Cette production quasi artisanale durait depuis longtemps déjà. Lorsque j’étais à l’école primaire à Sennecey, nous allions le jeudi après-midi avec la maîtresse cueillir du petit chêne et du serpollet que nous vendions à M. Robin, afin de gagner quelque argent pour l’école (Mme Perrault raconte la même chose pour l’ école de Tournus). M.Robin avait des vignes au Villars. Chaque année, nous quittions tous l’atelier un jour ou deux pour aller faire les vendanges. Nous mangions « au Riquiqui », je me rappelle.

Je suis restée là six ans, puis la vie m’a conduite ailleurs…

une publicité remarquable….

 

même sur les murs de la ville…

centenaire de la remise de la Légion d’Honneur, 1914

1954

rue de la République, après restauration en 2013

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