La situation privilégiée de Tournus en bordure de la mythique N6 explique le nombre important de garages automobiles.
garagistes de père en fils
le garage Pagneux
merci à Michel Pagneux
Marcel Pagneux a fait son apprentissage à Romenay, puis est venu travailler à Tournus, au garage Citroen Bordesoul puis chez Georges Mazoyer, qui a un atelier rue Commandant Carré .
En 1946, il ouvre un garage avec un associé, Claude Têtu. C’est au départ une enseigne Ford (filiale française) qui construit la Ford Vedette puis la Versailles.
Ford revend à Simca dans les années 57/58, et c’est à cette période que les 2 associés se séparent (en 1957) : c’est la naissance du garage Pagneux.
Marcel Pagneux travaille avec un ouvrier (M. Perret, de Préty, jusqu’en 1990) puis avec son fils Michel.
Les pompes à essence sont alors sur le trottoir, ce que les Ponts et Chaussées interdiront dans les années 60. Avec l’aide de la société Shell, M. Pagneux transforme le garage et installe un atelier dans l’ancienne cour. La piste est alors à l’écart de la N6.
Michel Pagneux travaille avec son père de 1968 à 1980, puis prend la succession en octobre 1980, jusqu’à sa retraite en 2010.
le garage Pageaud
merci à Michel Pageaud
La famille Pageaud a depuis longtemps un lien privilégié avec l’automobile
Le grand père a été chef d’atelier aux Ets Bontemps à Tournus durant sa jeunesse avant de s’ installer à Ouroux sur Saône.
Son fils René a tenu ce garage quelques années avant de partir chez Berliet à Lyon.
Lucien, après avoir travaillé au garage Bordesoul, agent Citroen, ouvre un atelier quai du centre juste après la 2 ème guerre mondiale.
C’était le seul garage à réparer les voitures et les poids lourds – les travaux se faisaient dehors, l’atelier étant trop petit.
son premier client a été M Vanderghott de Mancey avec sa moto qui tirait une remorque sur laquelle il transportait un appareil à carder la laine des matelas.
En 1954 il a l’opportunité de racheter le garage du centre qui avait fait faillite.
Renault met la pression pour avoir des locaux plus grands.
En 1958, Madame Paul Bontemps, qui avait continué l’activité du garage quelques temps après le décès accidentel de son mari, cesse ses activités. Pour avoir le panneau Renault, Lucien Pageaud doit racheter le fond. Une partie des locaux est utilisée pour mettre à l’abri des véhicules.
En 1966 les Pageaud (Michel travaille avec son père) , après avoir cherché en emplacement le long de la RN6, optent pour le lieu actuel. D’importants travaux de mise à niveau du terrain nécessitent malheureusement la destruction d’arbres centenaires, de parterres et de bassins.
Les évènements de mai 68 compliquent les financements.
A l’ouverture de l’autoroute, les Pageaud postulent pour les dépannages et obtiennent l’agrément.
Au moment de la construction, Lucien Pageaud créée une SARL avec son fils Michel et sa belle-fille Renée, puis une société anonyme en 1988.
En 2004 ils ont l’opportunité de négocier l’entreprise avec reprise de tout le personnel (entre 60 et 70 personnes ont été employées, l’une d’elles étant restée 45 ans).
le garage Bordat (Peugeot)
Marie-Hélène Bordat raconte :
« Mon arrière grand-père était vigneron au Roi Guillaume. Son fils, ne souhaitant pas reprendre l’exploitation, s’est installé à Tournus en 1913 pour y être garagiste. Il avait créé son atelier rue du Champ de mars, et, outre les voitures – peu nombreuses à cette époque – il réparait aussi le matériel agricole.
Ma grand-mère avait, rue du Nord (actuelle rue Docteur Privey), un magasin de vente de cycles Peugeot en communication avec le garage.
1946
Mon oncle et mon père ont tous deux continué le métier de garagiste – le premier a repris l’atelier de la rue du Champ de mars, le second a créé un atelier sur un terrain appartenant à la famille avenue du Maréchal Leclerc, avec location de garages particuliers.
Mes parents ont vendu de l’essence pendant 30 ans sans jamais prendre de congés…. Ils avaient un quota à respecter, et ce n’était pas toujours simple !
Mon père a géré l’agence Peugeot jusqu’en 1981, année de son décès.
Ma mère et moi avons continué à vendre de l’essence pendant un an environ, puis nous avons mis en location ».
merci à Marie-Hélène Bordat
2019
le garage citroën avenue Pasteur
merci à Christian Degrave et Edmond Pernin
Ce bâtiment était à l’origine une glacière – la fosse dans le local servait à stocker la glace. L’étage a été ajouté à la création du garage.
Les dernières années, l’ activité principale était la vente d’essence Azur, avec un poste d’essence ordinaire et un poste de super.
M. Degrave père a acheté le garage en 1959, avec M. Gray.
L’exploitation du garage par 2 personnes a assez vite posé des problèmes économiques. Malgré un nombre d’heures de travail impressionnant, il n’était pas toujours facile de payer 2 salaires, et les 2 associés se séparent en 1963. M. Gray part travailler à Givry, et Robert Degrave continue seul.
1965 : réfection de la façade par Total qui a racheté Azur.
En 1966 Panhard a été racheté par Citroën et M. Degrave a obtenu l’autorisation de changer d’enseigne, alors qu’il existait déjà un garage citroën à la sortie sud de la ville. L’ancienne plaque a été gardée en souvenir…
En 1970, Robert Degrave prend sa retraite. Son fils Christian rachète le garage, associé avec son beau-frère M. Guillemaut.
Il faut rappeler que l’autoroute a ouvert en 1970, mais que la liaison Mâcon Genève n’existait pas, et que les automobilistes venant des Alpes via Bourg en Bresse traversaient la ville de Tournus. La pompe à essence était alors la dernière avant l’autoroute pour ceux qui montaient vers le nord, ce qui a permis à Christian Degrave de rencontrer beaucoup de gens célèbres.
Yvette Horner, dont la studebaker était tombée en panne, a passé une bonne partie de l’après-midi avec la famille et a pu écouter et apprécier Louisette à l’accordéon.
Eric Tabarly, lui aussi tombé en panne avec sa DS en 1977, a passé un bon moment dans le garage et en a profité pour se faire donner des explications mécaniques susceptibles de l’aider sur ses bateaux.
Alain Delon s’est arrêté plusieurs fois, parfois accompagné de Mireille Darc.
Jean-Louis Barrault venait régulièrement à Tournus, accompagné par Madeleine Renaud et faisait vérifier les niveaux de sa R 10 blanche avant de repartir vers la capitale.
La rentabilité du garage n’était pas toujours évidente, et les heures de travail ne se comptaient plus. Parfois même, il fallait passer la nuit sur le moteur de l’estafette du boulanger qui en avait besoin pour sa tournée du matin….
En 1980, Christian Degrave vend ses parts à son beau-frère qui continue l’exploitation du commerce jusqu’en 2005. A cette date M. Malin en devient propriétaire.
















































