l’Hôtel du Sauvage

L’HOTEL « LE SAUVAGE »

 

Fondé vers 1770, l’Hôtel a été édifié sur l’emplacement d’un jardin appartenant au chapitre de Saint Philibert. Jusque vers 1950, cette hôtellerie était située à l’arrière du bâtiment principal actuel, puisque l’hôtel du Sauvage alors relais postal, était constitué par une petite bâtisse, composée d’une auberge et de quelques chambres à l’étage, dont on peut admirer la façade rue du Docteur Privey, anciennement rue de la République nord .

Les hôtelleries du Moyen âge aimaient à évoquer sur leurs enseignes peintes les pays mystérieux et lointains où les voyageurs, en quête d’aventure, tournaient leurs pensées. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les peaux rouges, sur lesquels les contemporains concentraient de plus en plus leur attention depuis la conquête de l’Amérique et les récits des missionnaires canadiens, entrent dans l’imaginaire des Français. Il est donc assez naturel qu’une hôtellerie, fondée de toutes pièces à Tournus vers 1770, se soit mise sous l’enseigne du Sauvage ».
L’enseigne existe encore et est visible dans la salle de restaurant actuelle, au-dessus de la cheminée, preuve que le fondateur avait bien en vue le sauvage américain puisque le personnage qui y est représenté, est un peau rouge, coiffé des plumes multicolores chères aux Hurons et aux Apaches .(site internet de l’Hôtel)

A l’époque de la seconde guerre mondiale, l’État-major allemand réquisitionna l’établissement pour y installer la Kommandantur, laquelle coupa pendant un moment une partie de l’ancienne rue du Nord. Mme Lavallée raconte qu’un soir où elle rentrait de l’école maternelle, elle fut arrêtée par un barrage allemand. Alors que sa mère l’attendait de l’autre côté de la RN6, elle n’eut pas la permission de traverser. et fut recueillie par les bonnes sœurs. Voilà de quoi traumatiser une petite fille ! Mme Vaussanvin, quant à elle, a gardé le souvenir encore très présent du bruit des bottes allemandes lorsque les soldats  défilaient dans la rue juste en bas de l’appartement de ses parents.Le bâtiment n’avait alors qu’un étage, et côté champ de Mars les garages accueillaient les voitures des clients. Ce n’est qu’après la guerre que M. Crance, arrivé en 1948, fit transformer l’hôtel, grâce à des dommages de guerre.

Des clients célèbres étaient des habitués de l’hôtel, comme Édouard Herriot, alors maire de Lyon, ou Fernandel, qui, ayant quelques problèmes avec sa voiture, était passé à l’atelier de M. Bontemps, expliquant « ma voiture, elle gomme, avé l’accent. (elle ne démarre pas) ».

Qui peut imaginer que Johnny Halliday a logé au Sauvage (il était venu faire un spectacle au Madeleine Palace en 1962) et qu’il a fait une démonstration de twist dans la salle du bar ?
Si quelqu’un connaît bien l’histoire du « Sauvage », c’est évidemment Serge Galland, le célèbre Popeye, qui y passa 35 ans de sa vie, de 1958 à 1993, date de sa retraite.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *