Un lieu de culture aujourd’hui disparu : le Tivoli

fronton du théâtre

le Tivoli

entrée du théâtre rue des tanneries

Construit en 1832 comme salle de bal, le Tivoli fut, pendant près d’un demi-siècle, le rendez-vous de la jeunesse tournusienne et des environs, qui venait, chaque dimanche et les jours de fête, s’y livrer au plaisir de la danse. Les propriétaires successifs, Courtois, musicien bien connu dans toute la région, et Chardigny, ne négligeaient rien, du reste, pour satisfaire leur clientèle. Si les réunions furent d’abord réglementées sévèrement, des libertés plus grandes furent accordées dans la suite, permettant aux bals, dont la fermeture était rigoureusement fixée à 11 heures, de se prolonger souvent fort tard dans la nuit.

En 1878, la ville fit l’acquisition de cette salle pour servir de préau à l’école enfantine (l’ « asile ») . Mais, néanmoins, malgré cette destination, elle fut utilisée, jusqu’à sa démolition, pour les réunions publiques, les fêtes scolaires, les patronages, voire même pour des banquets.

Soucieux de doter nos établissements scolaires de tout le confort moderne, le conseil municipal décida, en 1936, la démolition du Tivoli pour l’agrandissement de l’école de filles et l’aménagement de nouvelles salles de classe.

Le Progrès – 24 août 1951

 

 

1938 ou 1939

 

SOUVENIRS ….

journal de Saône et Loire du 23 novembre 1985

 

Ca y est, les premiers coups de pelleteuse viennent de signer la fin de ce que les Tournusiens appelaient «  le Théâtre ».

Un complexe d’habitations modernes y verra le jour très prochainement, réalisation dont nous nous sommes largement fait l’ écho lors de la présentation du projet au conseil municipal par MM. Magnieux, Varrault et de la Chapelle, architectes concepteurs.

Le théâtre a bercé la jeunesse de nombreux Tournusiens qui tous en parlent avec beaucoup d’émotion, se rappelant par exemple ce qui était révolutionnaire à l’époque, la scène qui montait, mais encore les loges d’où l’on dominait la situation lors de nombreux bals.
M. Papillon nous précisait avec un grand sourire : « les mères y surveillaient leurs filles…. »

Ces bals en grande robe ont laissé une grande nostalgie en particulier à Mme Chauvicourt qui, en 1931, lors du bal des commerçants, fut demandée en mariage par son futur époux.

Il y avait aussi les grands bals costumés comme par exemple celui de 1936 où Suzanne Villerot était déguisée en « houpette » et Pierrot Guiller en coccinelle.

Mais la vie du théâtre ne se limitait pas aux bals, c’était aussi un lieu de rencontre de toute la jeunesse tournusienne avec le Café du Théâtre au rez de chaussée, dont les premiers gérants ont, semble-t-il, été M. et Mme Chaillet (laquelle remmaillait aussi les bas de soie).

Les écoles y donnaient leur fête et certains se souviennent d’y avoir vu Melle Marguerite Thibert jouant dans « Cyrano de Bergerac ».

Vers 1936, on y a donné aussi quelques attractions sportives et certains se souviennent d’un combat de boxe avec Paul Pézerat sur le ring.

L’arrivée de la guerre allait sonner le glas de cette construction qui commençait déjà à être vétuste. L’un des derniers et non le moins émouvant souvenir nous a été raconté par le regretté M. Mauguin.

Un soir, pendant la guerre, le Groupe symphonique donnait un concert en faveur de la Croix-Rouge. Le théâtre était plein, avec au premier rang des officiers et soldats allemands en uniforme.

Parmi les musiciens on pouvait reconnaître MM. Charles Claveau, Filleule, Thurillet et son violoncelle, Mauguin, Gaston Morel et Guyonnet, tous violonistes. Mme Thurillet tenait le piano et tous les musiciens, au signal du chef, entamèrent en ouverture, sous les applaudissements de la foule, « la Marche Lorraine », devant les soldats allemands légèrement crispés. Le concert battait son plein, on sentait comme une communion entre le public et les musiciens dont certains avaient les larmes aux yeux quand, pour le final, le chef fit jouer « la Marseillaise ». Toute l’assistance debout reprenait en chœur, les Allemands ne trouvant d’autre attitude que de se lever aussi et d’applaudir les musiciens avant de quitter rapidement la salle.

Merci M. Mauguin pour ce dernier souvenir d’un lieu que plusieurs générations de Tournusiens ont aimé.

 

 

 

 

 

 

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