1900
changement de siècle
d’après un travail réalisé en 2000 par les élèves de 4ème 4 et 4ème 5 du collège en Bagatelle de Tournus sous la conduite de M. Avazéri, professeur d’histoire-géographie.
L’annuaire du département de Saône et Loire pour l’année 1900 est le plus précieux des guides.. Il décrit avec précision la ville : « Tournus : arrondissement de Mâcon. Chef-lieu de canton.
Superficie: 1448 ha, dont 297 en céréales et cultures – 550 en vignes -225 en prairies -20 en bois.
Bons vins ordinaires. Les meilleurs sont récoltés à Bellenay, la Varette, la Garenne, la Carcassonne.
Commerce de vins, fourrage, fruits, chaises, chapeaux, pierres taillées, volailles.
La ville est située au pied et sur la pente d’une colline, entre la Saône (rive droite) et la ligne ferrée de Paris à Lyon — Fête patriotique le 23 janvier, anniversaire de la défense de Tournus contre les Autrichiens, en 1814. Foires : 1er samedi de chaque mois et le samedi après le mercredi des cendres (domestiques), le 24 septembre (poulains). Marché : samedi.
Fête patronale le 23 août : la Saint Philibert.
Les principaux édifices de Tournus sont : l’église Saint Philibert, l’église Sainte Marie – Madeleine, l’Hôtel de Ville, la bibliothèque, l’hôpital, la halle aux graines, l’hospice de la Charité.
La Saône est l’artère vitale de Tournus — Le mouvement. du port est de 16 548 tonnes dont 3747 aux embarquements (sables, pierre, soude, glucose, bois flotté, vins, céréales, poissons). Le spectacle est saisissant : péniches halées par des chevaux ou des hommes, grands radeaux de bois d’oeuvre manoeuvrés par des mariniers appelés « radeleurs ». Trois fois par semaine, le bateau à aube « le Parisien» assure le service Tournus – Lyon, pour 3 francs. Et les deux bateaux – Iavoirs, les Plattes, sont les rendez-vous des lavandières dont certaines ont la langue bien pendue. …»
La population
En 1900, Tournus compte 4866 habitants soit une forte baisse par rapport au dénombrement de 1851 qui en relevait 5258. Ce déclin peut s’expliquer en partie par l’établissement du chemin de fer qui a privilégié les gares de Chalon et Mâcon au détriment de Tournus.
Les mois de forte mortalité sont février, mars et novembre. Pour les médecins de l’époque, les principales causes de décès sont les « vapeurs et les brouillards de la Saône, qui entraînent des maladies pulmonaires » .
Le grand événement de l’année : la visite du ministre des Travaux Publics
Ce dimanche 8 juillet, Tournus est en fête. Monsieur Baudin, ministre des travaux publics, dans le ministère Waldeck Rousseau, vient inaugurer « l’installation des eaux, la construction d’un réseau d’égouts, d’un bas port, et une plaque destinée à perpétuer la mémoire du sculpteur Rougelet » .
Sur le quai se trouve élevée une tribune, admirablement décorée de verdure et d’écussons. C’est là que doit avoir lieu la cérémonie de la pose de la première pierre pour les travaux d’élargissement du quai. Cette cérémonie eut lieu en présence de M. Pierre Baudin, ministre des travaux publics, M. Joly, Préfet de Saône et Loire, M. Bessard, Maire de Tournus, M. Tavernier, ingénieur en chef, Variot, ingénieur, M. Beffy, entrepreneur des travaux.
Vie économique : catégories socioprofessionnelles
Avec ses activités anciennes et nouvelles, Tournus est une ville distributrice de travail. Elle tire sa vitalité du commerce et de l’artisanat. Un monde a disparu : c’est celui des ouvriers agricoles. Ils étaient encore 925 en 1861. La crise du phylloxéra est en grande partie responsable de cette perte.
Activités commerciales et artisanales
L’annuaire de Saône et Loire relève 115 professions regroupant 433 personnes. Par exemple :
Aubergistes 34
Epiciers 23
Boulangers 16
Cafés 13
Cordonniers 12
Merciers 11
Fabricants de chaises 10
Marchands de vin 8
Confiseurs 5
Chapeliers 8
Bouchers 8
Plâtriers 8
Tailleuses 7
Serruriers 7
Hôtels 6
Bijoutiers 6
Perruquiers 6
Quelques métiers ont disparu depuis longtemps à Tournus et ailleurs : bourreliers, charrons, chiffonniers, cordiers, étameurs, fumistes, perruquiers, taillandiers…
Avec 162 boutiques ou petits commerces, la grande rue (rue du Nord, rue du centre, rue du Midi) reste bien l’artère vivante, le cœur économique de Tournus.
Population ouvrière
Fabriques de chaises 250 ouvriers
Carrières de pierres 200
Féculeries et glucoseries 150
Fabriques de chapeaux 40
Autres fabriques 80 (produits chimiques, fonderie, vélocipèdes, tuiles, etc…)
La population ouvrière réside surtout dans le quartier de la Pêcherie et dans celui de l’Hôtel-Dieu, quartiers jugés insalubres dans les rapports préfectoraux.
En cette année 1900, la loi Millerand (du nom du ministre du commerce, de l’industrie et du travail) limite la journée de travail à 10 heures. Mais cette loi n’est guère respectée, et à Tournus comme ailleurs on travaille 12 à 15 heures par jour.
Grands consommateurs de vin et d’absinthe, les ouvriers sont redoutés pour leur tempérament belliqueux.
Les salaires journaliers varient entre 6 et 8 francs, ce qui est une bonne moyenne dans l’ensemble de la Saône et Loire.
Les domestiques
Ce sont les oubliés de la grande statistique de 1900. Pourtant ce groupe social semble assez important, puisque certaines familles bourgeoises employaient une nourrice, une cuisinière et parfois un valet.
Quelques prix
Un litre de vin 40 centimes
Un cahier 25 centimes
Une boîte de plumes sergent-major 50 centimes
Les cours du marché
Poulets gras 5,25 à 5,50 francs pièce
Œufs 0,70 F la douzaine
Pommes de terre 0,50 F le kg
Viande de bœuf 1,30 F le kg
Blé 18,25 F les 100 kg
Sarrasin 2,10 F le double décalitre
la municipalité – quelques délibérations
le quai
délibérations diverses