les métiers disparus

 

 

LES VOLAILLERS

Ils étaient très nombreux à Tournus. Ils partaient très tôt le matin, vers 5 heures, avec leur voiture à cheval remplie de cageots, et se mettaient souvent sur la tête des sacs de jute pour se protéger du vent. Ils allaient aux marchés de Louhans, Romenay, Montpont, revenaient vers 11 heures, et à ce moment les plumeuses descendaient et se mettaient à leur tour au travail.

L’ après-midi, les volailles bien préparées étaient expédiées à l’express de 3 heures pour arriver le soir à Paris dans les hôtels: Tournus était alors LA gare d’expédition de volailles pour toute la région.

les volaillers à la gare

 

Pour conserver la volaille, on stockait la glace dans les caves, et on arrivait à la garder pratiquement tout l’été. Plus tard un fabricant de glace s’est installé.

Certains hommes étaient spécialisés dans le tuage des bêtes. Les tripes et le sang étaient ensuite transportés en bateau puis jetés au milieu de la Saône, pour la grande joie des poIssons.

Les plumes, qui au début étaient ramassées par les « patis », ont ensuite été récupérées pour l’usine de plumes et duvets fondée par MM. Ducrot et Ribun.

 

les chaisiers

la famille Grébert

Henry Grébert

C’est mon grand-père qui a fondé l’entreprise dans les Vosges en 1880 .A cette époque il y avait environ 300 ouvriers chaisiers à Tournus, qui avaient souvent en même temps une petite entreprise vinicole. Beaucoup étaient de petits artisans.

Mon père est venu s’installer à Tournus en 1924. Il restait à ce moment 3 patrons chaisiers : Gouhot, Cambazard et Faucillon. Chez nous, on faisait beaucoup de chaises anglaises, de fauteuils Voltaire, en général de la belle chaise. Le paillage se faisait à domicile, particulièrement à Préty, Lacrost, et lorsque les vieilles pailleuses ont disparu il nous a fallu aller plus loin, jusqu’à Jouvençon, Bantanges.

Pendant longtemps l’industrie chaisière a fait vivre en partie la ville de Tournus, et il arrivait souvent que les hommes travaillent l’été chez les chaisiers et l’hiver à la féculerie. Chez mon frère Pierre nous avons été jusqu’ à 9-10 ouvriers à l’atelier.

Mme Faucillon

Mon beau-père a installé son atelier rue des Magasins environ en 1900 et il avait un magasin dans la grande rue. La construction de la rue des Canes date de 1923. Le paillage se faisait hors de Tournus, du côté de Préty, la Truchère, Rancy.

L’entreprise faisait aussi beaucoup de beaux sièges cannés, des divans, des canapés, des petits lits de repos de style Empire. Nous avions donc des pailleurs, des canneurs, des tourneurs et des sculpteurs. Les sièges étaient faits en chêne, en hêtre, en noyer ou en cerisier. Il faut préciser que les chaises de l’ Abbaye ont été faites chez nous.

les couturières

 


France Colas (née en 1920)

Quand j’étais jeune, on faisait beaucoup faire les vêtements par des couturières. Les marchands de tissu étaient nombreux, les couturières aussi. Il faut dire qu’on faisait moins de toilette que maintenant : on avait la tenue du dimanche et celle de la semaine… Nous allions chez une couturière qui habitait à côté de M. Gras, le restaurateur.

Madame Rioux

L’une de ces couturières était particulièrement réputée, et tout le monde courait chez elle : c’était Melle Letter, qui habitait quai Nord.

Madame Joly

J’ai commencé mon apprentissage dans les années 20, dans une maison de couture, chez Sautereau, là où est actuellement la Maison de la Presse. Le magasin de tissu se trouvait là, et l’atelier était dans la rue Jean Jaurès : nous étions environ 15 ou 20.

Une chose m’a marquée, et je m’en souviens très bien aujourd’hui : le soir, une femme venait faire le ménage et balayait, les déchets étant nombreux. Elle mettait le tout sur un papier, et les apprenties – les petites mains, les arpettes – devaient tout trier avec les mains pour ne pas jeter les épingles… Il fallait aussi monter les morceaux de tissu au grenier: j’en ai un souvenir terrible !

Mes parents habitaient la campagne, en Bout, et il fallait rentrer le soir après le travail. ..il faisait nuit, et j’étais peureuse ! Je faisais le trajet à pied, et je m’effondrais en arrivant à la maison. Puis j’ai utilisé le vélo, mais ce n’était pas drôle non plus : c’était effrayant, avec les haies mal entretenues, aux formes fantasmagoriques, et on ne rencontrait personne! Quel mauvais souvenir…

Mes patrons sont morts et n’avaient pas de successeurs. Je suis donc allée dans un autre magasin, la mercerie de Mme Roger, où j’ai appris à faire des jours, de la broderie, surtout du trousseau. Les jeunes filles de bonne famille se devaient d’avoir un trousseau complet pour leur mariage : draps et serviettes de toilette avec les initiales, torchons avec un décor au point de croix ou brodé.Les brodeuses n’étaient pas très nombreuses: je me souviens de Mme Coulon et de Mme Chambard.


 

les voituriers

Les voituriers assuraient les livraisons : le père Lemoine avait deux percherons, l’un loué à la ville avec un tombereau pour transporter les ordures, l’autre loué à la S.N.C.F pour livraison des colis. L’après-midi, il faisait du travail à façon : il transportait du foin, des gravas, du sable et des tas d’autres choses selon la demande. Le père Mathey, quant à lui, faisait des transports beaucoup plus légers Les écuries étaient très nombreuses dans toute la ville

 


En 1944, les Allemands avaient réquisitionné tous les vélos et les chevaux dans la ville. Ils avaient donc pris celui du père Mathey, qui était très attaché à son cheval, n’était jamais avare de caresses, et se trouvait donc désespéré par cette disparition. Pour le faire sortir, les Allemands avaient d’ailleurs dû le brutaliser, et ils avaient attaché toutes les bêtes aux grilles du logis abbatial : le cheval du père Mathey a rongé sa longe, puis est rentré à la maison. ..(raconté par Maurice Vernay)

Mme Lombard, matelassière

 

 

UNE MATELASSIERE

René Lombard

Ma mère était matelassière et possédait une cardeuse, des tréteaux et des barres nécessaires pour installer le matelas qu’elle devait faire. Elle se déplaçait à pied avec une charrette sur laquelle elle installait tout son matériel

 

LES TONNELIERS ET VIGNERONS

La région de Tournus a longtemps été à vocation vinicole, et les vignes arrivaient pratiquement jusqu’ à la ville, comme en témoigne une carte postale ancienne de la Chapelle Saint Laurent que l’ on voit entourée de rangs de vigne.

La crise du phylloxéra a fait des ravages considérables, et on a dû arracher beaucoup de plants. Mais certains continuèrent à cultiver leur cépage après la guerre.

Dans son mémoire de fin d’études, Dominique Morel note 247 vignerons en 1906 et 4 en 1926, avec en plus 26 vignerons travaillant chez autrui.

Les tonneliers étaient nombreux: M. Goin dans la rue de Lhaute, Kholer à la Madeleine, où vinrent ensuite les pompes Noël, un autre dans la rue Tilsit ( M. Baudin qui était en même temps facteur), et M. Desbaux, route de Plottes, qui fut le dernier.

un distillateur

 

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