Raymonde Desmaris, Tournusienne et commerçante

l’épicerie Desmaris

les épiceries à Tournus en 1930 (annuaire Fournier)

 

Raymonde Desmaris

Mes parents sont venus s’installer à Tournus en 1910, et ont tenu le magasin (l’Epicerie Parisienne) jusqu’en 1952, date à laquelle j’ai pris leur succession. C’était ce qu’on appelle une épicerie fine : en plus des ventes traditionnelles, nous avions ajouté les dragées, ce qui représentait pour nous un plus gros chiffre d’affaires.

Mon père achetait le café vert, qu’il allait chercher avec une charrette à fond plat à l’arrivée du Parisien. Le café était expédié soit d’Amérique du Sud, soit d’Afrique, et arrivait par bateau au Havre ou à Marseille, puis, en suivant rivières et canaux, jusqu’à Tournus. Il fallait ensuite le pendre dans des sacs au grenier pour le faire sécher, et retourner les sacs régulièrement afin que le séchage soit parfait. Nous avions un gros moulin pour torréfier, et lorsque nous faisions griller tout le quartier était au courant – surtout s’il y avait un peu de vent !

Les horaires de travail dans l’alimentation à ce moment-là étaient durs : il fallait se lever très tôt le matin, à cause des ouvriers qui partaient travailler et venaient chercher un petit casse-croûte. Pas question non plus de fermer à midi, ni le soir avant au moins 20 heures. Quant au dimanche, le magasin était ouvert jusqu’à 13 heures (c’était un drame pour les enfants Desmaris, car la famille n’était jamais prête de bonne heure, et lorsqu’il fallait prendre le car pour aller à Mâcon ou à Chalon, on les envoyait demander au conducteur de bien vouloir être patient…)

 

le tambour municipal

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *